Bonsoir Adrien,

Je te remercie pour l’adresse de l’hôtel à Nice. Oui, il est très bien placé, et j’ai pu ainsi aller à mon rendez-vous à pieds. En sortant de l’entretien, je suis allée me balader dans ces vieilles ruelles près du marché aux fleurs, où s’entremêlent odeurs d’olives, de citrons et de savons. J’y ai déniché un charmant salon de thé. A l’intérieur, des livres de cuisine partout sur de petites étagères accrochées aux murs, et un bric-à-brac de petits objets posés ça et là. Sur l’ardoise, entre le fondant au chocolat au beurre salé et le sablé aux figues, l’inattendue tourte sucrée aux blettes. Un surprenant délice ! Voilà une bonne idée de dessert pour le week-end de l’Ascension. J’ai demandé la recette à la patronne, qu’elle avait glissée, manuscrite, dans un vieux livre de pâtisserie tiré d’une étagère. Elle la tenait de sa tante, qui elle-même la tenait de sa mère, qui elle-même la tenait de sa grand-mère. Une grande histoire de famille cette tourte aux blettes !

En parlant de famille, lorsque j’ai eu Marc au téléphone, il m’a dit qu’il n’avait plus beaucoup de tes nouvelles… Je n’ai pas réussi à déceler dans son ton s’il y avait de l’amertume ou de la tristesse. J’espère que notre déjeuner de famille vous permettra de vous rapprocher.

Je te remercie de proposer d’apporter le vin, mais Gab en a rapporté toute une caisse la dernière fois que nous sommes allés chez tes parents. Ton père nous a d’ailleurs demandé de te le faire goûter, en ajoutant ironiquement : « comme ça, il pourra boire à ma santé ! ». Tu devrais peut-être prendre plus souvent de ses nouvelles ?

En revanche, tu peux apporter un bouquet de chocolats… ou un bouquet de blettes !

Je reprends le train pour Paris demain matin de bonne heure.

Je t’embrasse.

Mathilda

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