Depuis la réouverture du « dossier Budapest » et la fin de l’automne, Adrien n’est plus tranquille et son angoisse est contagieuse. Antoine, à qui il n’a rien dit, le sent bien et s’en alarme (Quelle froideur !). Étienne, à qui Adrien s’est vaguement confié à propos d’une histoire de bague, modère d’abord cette anxiété (Couleur mensonge), qui va pourtant doucement s’immiscer dans la correspondance ambivalente que lui-même noue, dans le dos d’Adrien, avec Antoine (Marée haute). Entre l’ami et l’amant passent en effet des mails oniriques et aqueux où se mêlent leur désir, la jalousie d’Antoine (Trempé) et sa culpabilité envers Adrien (Ultimatum), mais aussi les tourments de ce dernier et, encore, cette bague (Le monde d’avant-hier).

L’angoisse d’Adrien anime également sa correspondance avec Thérèse, qu’il presse de révéler ce qu’elle a appris sur lui par Nathan (Trente-six). Elle lui propose un marché : elle se livrera si Adrien lui raconte de son côté ce qu’il sait du secret qui, il y a plus de vingt ans, a uni son propre frère, Gabriel, à la jeune femme (Marché). De mauvaise grâce d’abord (Pareils), Adrien accepte et décrit petit à petit la sévérité de la mère de Thérèse (Personnages), la haine de Gabriel pour cette femme (Conflits) et la volonté ambiguë des deux enfants de rapprocher Gabriel de cette mère (Intrigues). Thérèse, quant à elle, raconte l’adolescence d’Adrien et de Nathan, leurs aventures d’apprentis voyous dans un Bordeaux interlope – elle parle, aussi, de l’obsession de Nathan envers une autre ville, qu’elle lie également à Adrien : Budapest.

Tout à ses affres, Adrien ne semble rien voir de ceux de sa femme, Sophie (… je me heurte à Noël …), qui finissent par se muer en véritable révolte (Le Sisyphe moderne). Et bien qu’il ait offert à Antoine les clefs de la garçonnière (Le colis est bien arrivé), prête-t-il vraiment plus l’oreille à celui-ci, à ses doutes envers son avenir de bientôt diplômé (Retour à la fac) et surtout envers leur avenir commun ? Un avenir dans lequel Antoine brûle de prendre la place de Sophie, mais aussi, d’une certaine manière, d’Adrien lui-même (Mon père a 49 ans, 13).

Antoine a au moins dégagé ses horizons dans un autre domaine : son homosexualité, dont il s’est enfin résolu à parler à Martin (J’ai parlé à mon frère). La nouvelle passe bien, alors qu’Antoine craignait d’autant plus la réaction de ce frère un peu rustre que leur relation fraternelle est teintée d’un drôle d’homoérotisme, comme il le confie à Asia (J’écris depuis mon lit).

Loin d’Adrien qu’elle boude, Asia vit elle aussi un rude hiver, ouvert par deux enterrements coup sur coup. C’est d’abord celui d’une grand-mère chérie (Cher nouvel ami facebookCette nuit-là le fixe a sonné) puis d’une marraine non moins aimée (Antoine le 25 je t’ai écrit). Ces émotions violentes poussent la jeune femme, dans un geste fulgurant, à rejeter sa beauté et se raser la tête (Antoine, j’ai fait une connerie), mais aussi à s’éloigner de Paris presque sans un mot pour Alexandre.

Malgré les réticences d’Adrien vis-à-vis de sa relation avec Asia (Rep: Bonne année vieux con, Un week-end parfait), celui-ci s’est rabiboché avec son pote avec qui il a réouvert la chasse à la stagiaire (Prochaine candidate ?). Lorsque, la distance et les malentendus aidant, Alexandre annonce à Asia qu’il a couché avec sa dernière recrue (Viens à l’appart ce soir), la brouille éclate d’un coup sur l’air de « je t’aime moi non plus » dans une fanfare de mauvaise foi (Ne t’attends pas à me trouver surprise, Alors tu m’aimes ?). Chacun accepte finalement de mettre un peu d’eau (enfin, toute une carafe !) dans son vin (L’arroseur arrosé, Spring is coming). Enfin le retour du printemps, sur la constellation ?

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