Adrien,

Depuis des années, je t’entends dire que face à moi tu ressens régulièrement ce qu’éprouvaient les hérétiques quand ils tombaient entre les mains de l’Inquisition. J’ai toujours trouvé cette comparaison particulièrement grotesque et excessive mais, face à tes accusations insensées, je la reprends à mon compte aujourd’hui.

Je n’ai rien à avouer Adrien. Ma proposition de stage n’avait pas pour unique but de t’emmerder. Tu n’as besoin de personne pour cela. Tu le fais très bien tout seul. Depuis son premier courrier, nous en avons échangé quelques autres avec Antoine. Il a d’abord voulu que je lise ses textes et puis il m’a demandé si je cherchais un stagiaire. Après réflexion, je me suis dit que ce pouvait être une bonne idée pour nous permettre, à Claire et à moi, de prendre plus de vacances. Claire l’a rencontré à Paris récemment. Elle a considéré qu’il ferait un bon stagiaire. J’ai donc accepté. Voilà tout.

Je ne vois pas ce que tu y trouves à redire, puisque de toute façon tu n’as pas l’intention de mettre les pieds en Gironde cet été. Quant aux manigances que tu es persuadé d’avoir décelées, je suis désolé de te dire qu’elles sont le fruit de ton imagination sordide. La mesquinerie, Adrien, c’est dans ton esprit tu devrais la traquer. J’ai passé l’âge de ces bêtises. Je mets ton mail sur le compte d’une saute d’humeur violente et d’un état nerveux qui m’a l’air particulièrement corsé.

J’espère que les enfants vont bien. Embrasse-les de ma part.

Marc

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