Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ces textos laconiques ? Pas de majuscule ni de ponctuation, juste des « ok », « oui », « non », « bonne nuit », « toi aussi », jamais un petit mot gentil. Est-ce que j’ai dit ou fait quelque chose de mal ? Depuis le mois de décembre je sens bien que quelque chose te tracasse. Est-ce que c’est à cause de G. ? de ta femme ? de l’autre Antoine ? On dirait que tu fais la gueule quand tu rentres le soir et que tu me trouves dans ton lit, si ça t’ennuie je peux te rendre la clé de ton appartement. Est-ce que c’est à cause d’Asia et Alexandre ?

Tu sais que tu peux tout me dire, je suis là aussi pour ça. Je ne veux pas être seulement ton petit ours en peluche, ou un moustique énervant qui parle de lui et qui se plaint tout le temps. Je sais que je suis attachiant, je sais que parfois je t’embête avec mes petites moues et mes bouderies, je sais que tu crois que je te manipule de temps en temps. Mais je sais aussi écouter les gens, j’aime les mots qui viennent du cœur et ça m’attriste que personne ne me fasse confiance, que personne ne fasse de moi son confident. A un moment, j’ai cru que nous étions très proches, j’ai cru que tu me dirais tout, que tu me livrerais tes secrets, je croyais lire en toi comme dans un livre et pourtant je vois bien que tu continues à me cacher des choses, il y a toujours des barrières sur ton profil Facebook, des albums fermés, des mystères qui ne s’éclaircissent pas.

Pour répondre à ton dernier mail, je sais que tout ira bien et que tu seras là, je ne suis pas inquiet pour mon avenir quand j’arrive à prendre du recul, je me doute que d’ici un ou deux ans, les angoisses d’aujourd’hui me sembleront dérisoires. Ce matin je me suis levé tôt, j’ai croisé mon frère dans la salle de bain et nous n’avons pas échangé un mot, je suis passé prendre un sandwich triangle au Monoprix de la rue du Temple et j’ai pris le métro pendant une heure jusqu’à Paris 8. Maintenant je planche sur mon mémoire dans la BU, il y a un garçon qui te ressemble et qui me mate, il m’empêche de me concentrer.

Je t’embrasse fort et je t’aime,

Ton Antoine.

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